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L’autre enfant

IMG_8312Il est là, il est en santé, il est bien. Il, ou elle, c’est selon, vit une petite vie normale d’enfant. Il suit son parcours à peu près comme il le devrait.
Il n’est pas comparé aux livres ou aux grandes théories de l’évolution de l’enfant, il vit sa vie avec plus de quiétude. Il est heureux, triste, en extase ou fâché, mais une chose est sûre, il est là! Il a un grand frère ou un petit… une grande sœur ou une petite, mais une chose est sûre, un membre de sa fratrie va moins bien. Que ce soit un trouble de santé, une naissance ardue, une maladie ou une condition, son frère ou sa sœur est atteint et subi. L’autre enfant n’a pas de particularité, rien de spécial à raconter. Il n’a pas d’histoire qui sort de l’ordinaire et n’a pas vaincu une quelconque bataille. Ce qui est cependant très important de comprendre sur l’autre enfant, c’est qu’il existe. Simple me direz-vous, et pourtant si souvent oublié… Lorsqu’on appelle ses parents, on demande rarement des nouvelles de l’autre enfant, on ne l’oublie pas, on y pense simplement pas. Lorsque la famille éloignée envoie ses pensées, de la santé ou une grosse dose d’amour, ce n’est pas à l’autre enfant que tout cela est destiné. Lorsque l’autre enfant se promène avec sa sœur en chaise roulante ou son frère en marchette, il n’aura pas de « Bonjour bel enfant » d’adressé… Les étrangers ne le voient même pas. Il est bien possible que parfois, l’autre enfant réagisse, chante fort ou court un peu. La résolution de l’énigme est simple, l’autre enfant désire un « bonjour » rempli d’enthousiasme lui aussi. L’autre enfant n’aura pas de commentaires sous la photo que sa mère aura mise en ligne. Sa sœur malade en aura plusieurs, elle. L’autre enfant n’aura pas de petites surprises, de traitement particulier ou d’attentions spécifiques. C’est un peu normal, l’autre enfant est en santé. Le seul petit hic, c’est que l’autre enfant voit son frère ou sa sœur se faire gâter. Il entend les questions qui ne lui sont pas adressées. Il regarde les yeux qui sont posés ailleurs et tend les bras à ceux qui ne lui sont pas ouverts. Mais par-dessus tout, l’autre enfant vit une vie différente. Il ne peut pas faire toutes les activités que ses amis font en famille. Ses parents ne peuvent pas toujours aller à son spectacle de danse puisqu’il n’y avait pas de gardienne pour l’enfant particulier. L’autre enfant n’aura pas les mêmes vacances simplement parce que ce n’est pas possible. L’autre enfant va avoir globalement moins de temps avec ses parents puisqu’il n’a pas de multiples rendez-vous à l’hôpital/physio/ergo/orthophoniste et j’en passe. Il ne peut pas simplement jouer avec son frère ou sa sœur comme les autres enfants. La cachette à 2 n’est pas possible, la course du plus rapide non plus. L’autre enfant ne dort pas plusieurs nuits de suite avec son papa ou sa maman, et il ne comprend pas nécessairement à son jeune âge que ce n’est pas un privilège d’aller dormir à l’hôpital. L’autre enfant est chanceux, privilégié et devrait être heureux de son sort. Pourtant, parfois, il envie l’enfant particulier et toute l’attention qu’on lui offre.

L’autre enfant vous regarde. L’autre enfant vous voit. L’autre enfant vous lit. L’autre enfant existe.

La solution en elle seule est simple, il suffit de donner un peu de temps, d’affection, de paroles et d’amour à l’autre enfant…

Ma belle Kaïly, tu es le soleil de ma vie…

– Geneviève

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