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T’étais pas le bon

À cette époque j’étais jeune et je ne connaissais pas grand-chose à l’amour. Toi, t’étais plus vieux. T’avais plus d’expériences et tu savais exactement comment faire pour me ramollir les jambes. Je savais que je te plaisais. C’était probablement plus physique, mais je sentais que je ne te laissais pas indifférent. Pendant quelques semaines on a échangé des sourires, des regards intenses puis un jour tu m’as invité à sortir. Avec mon air-de-fille-en-contrôle-qui-capote-sa-vie-en-dedans j’ai dit oui tout de suite. Depuis le temps que j’attendais ça. C’était peut-être juste une première date mais mon coeur-qui-connaissait-pas-grand-chose-en-amour voyait déjà ça big.

Un jeudi soir on a été pendre un verre pis à la fin de la soirée on s’est embrassé. C’était inévitable. L’attraction prenait toute la place et j’étais déjà full IN LOVE! Je touchais pu à terre pis je voyais pu clair. Tsé le feeling d’avoir des ailes qui te poussent dans l’dos et l’impression que la vie t’appartient. Ben à partir de ce soir-là, je me sentais prête à refaire le monde avec toi. J’ai surfé sur mon bonheur le temps d’une vague pis j’me suis fait ramasser solide quand j’ai appris que t’étais déjà en couple. PAF! Fin de la belle petite histoire à l’eau de rose. Pourquoi faire simple quand ça peut être compliqué. Pourquoi tu ne me l’as pas dit avant? Pourquoi tu m’as laissé tomber en amour avec toi?

Tu t’es défendu en m’avouant que ça ne marchait plus et que tu pensais la laisser. Tu m’as raconté que j’étais vraiment spéciale pour toi pis que tu ne voulais pas me perdre. Tu m’as dit pleins de belles choses que je voulais entendre. J’étais naïve et je t’ai laissé le bénéfice du doute. Je me disais que c’était possible d’être mal accompagné et j’ai joué le jeu parce que ça me plaisais de croire que j’étais la « bonne » pour toi. Ça me faisait sentir importante. J’y ai cru tellement fort que je t’ai attendu. T’as pas menti. T’as fini par la quitter pour te jeter aussitôt dans mes bras. Mais après trois semaines, c’est moi que tu as laissé pour retourner avec elle. T’étais mélangé faque tu m’as brisé le cœur pis t’as scrapé le sien au passage.

Tu t’es retrouvé seul et t’as finalement décidé de retourner à la case départ question de mieux réfléchir, pis après t’as fait sonner mon téléphone. Tu voulais qu’on se revoie. Encore aujourd’hui, je ne sais pas trop pourquoi j’ai accepté. Me semble que ça aurait été tellement plus simple de ne pas rouvrir le livre. Mais probable que je devais aller au bout de notre histoire. On s’est revus et on a finalement fait un bout de chemin ensemble. Je ne dirai jamais qu’on n’a pas été heureux mais ça n’aura jamais été simple et facile. Mais je ne connaissais pas autre chose. C’était compliqué mais on s’est quand même aimés comme on a pu. Mal et un peu tout croche. Mais quand même. Je ne connaissais pas grand-chose aux relations qui s’étiraient sur plus que quelques mois, je n’avais pas de repères et j’étais même un peu perdue. Est-ce que c’était ça l’amour?

Après un certain temps y’a fallut regarder la réalité en face. Notre histoire était construite un peu n’importe comment sur une fondation en sables mouvants. Fallait se rendre à l’évidence qu’on ne bâtirait jamais de château ensemble. Nous étions en plein cul sac. Nos routes devaient se séparer parce qu’ensemble on allait nul part. C’était pas de l’amour. On ne s’aimait pas. Je ne t’aimais plus et je m’en suis voulu longtemps. J’ai eu l’impression que j’avais perdu mon temps, que j’aurais dû savoir bien avant que toi et moi ce n’était pas pour la vie. Que si j’avais écouté les gens autour de moi, je me serais évité bien larmes et des tourments. Mais y’a des choses qu’on doit vivre pour finir par mieux les comprendre. Sur le coup, c’était difficile à admettre et encore plus à comprendre. Ça arrive de se tromper mais faut juste le réaliser à temps.

J’ai eu mal, j’ai cheminé et j’ai finalement accepté que t’étais tout simplement pas le bon. Pas le bon pour moi. Et tu sais quoi? J’ai compris tout ça il y a douze ans quand j’ai fait la connaissance d’un beau grand brun timide dans un cours du soir à l’université. Celui-là c’était le mien. J’avais pas besoin de me convaincre, je le savais. Simple comme ça.

Mélanie

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