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À toi maman qui n’en peut plus d’être à l’hôpital…

Tu le sais très bien, tu resteras tant qu’il le faudra pour ton enfant. C’est simple, tu ferais tout pour lui et comme sa santé ne lui permet pas de sortir de l’hôpital, bien tu restes sur place avec lui. Au départ, tu avais toute la volonté du monde, la patience et l’amour qui comblait tes journées. Au départ en fait tu étais même soulagée d’être ici puisque ça voulait dire qu’ils allaient aider ton enfant à aller mieux et possiblement lui sauver la vie ou lui simplifier l’existence. Tranquillement, tu as commencé à connaître le nom des internes, externes, des médecins, tu racontes ta vie aux infirmiers et aux infirmières, tu dis le « Bon matin » aux préposés aux bénéficiaires et prends la peine de remercier la personne de l’entretien pour le nettoyage de la chambre de ton enfant. Arrive même un jour où tu te sens presque dans tes appartements, c’est presque ton deuxième chez toi, pas ta maison de campagne quand même, mais tu connais tes aises. Tu fais le chemin de la maison à l’hôpital sans regarder les pancartes sachant très bien où tu vas. Tu sors de ta chambre pour aller à la cafétéria en pyjama et en gougoune en plein mois de janvier et tu rencontres ces gens avec leurs bottes et manteaux d’hiver qui te lancent un regard douteux face à ton habillement.

Et voilà qu’un jour ça te frappe d’un coup. Il y a cette mauvaise nouvelle de trop qui vous gardera encore plusieurs jours, semaines ou mois à l’hôpital. Sans t’en rendre compte, tu t’étais mis un « dead line » en tête. Tu te disais que ça allait finir un certain jour et tu t’es très doucement dit que ce serait CE moment-là. Aujourd’hui, on vient de t’annoncer que ce ne serait pas le cas. C’est simple, tu n’en peux plus. T’as juste envie de crier à l’injustice et de sacrer ton cas avec ton enfant. Ce n’est pas du tout que tu lui en veux à lui, tu l’aimes tout autant d’amour, mais t’en veux à la situation en SACRAMENT! Y’a tu moyen que toi aussi tu puisses rentrer chez toi vivre ton petit bonheur comme les parents normaux. Puis c’est à travers cette rage que les larmes glissent doucement sur tes joues. Comment dire, t’en as « plein le cul »! Me semble que tu l’as fait ta part, me semble que tu as rempli les termes du contrat pis que la vie devrait juste être simple pis te donner un petit lousse. Tu es restée patiente, tu as souri, tu as écouté, appris, accepter ce que les médecins t’ont appris. Mais là un moment donné, ils ne pourraient pas trouver la solution, le problème pis simplement le régler! Tu veux un miracle, RIEN DE MOINS! Tu le sais qu’un corps humain, c’est pas comme un char, mais TU T’EN SACRES, TU VEUX T’EN ALLER!!! (oui tu l’as crié pour vrai). T’en aller, partir, sacrer ton camp… trouvez la façon de le dire que vous voulez, on s’en fou, pourvu que le résultat soit que tu puisses conduire ton char avec ton enfant derrière toi. Ton sourire, il est parti en même temps que l’annonce de la prolongation. Tu ne comptes même plus le nombre de parents à qui tu as dit « Au revoir et bonne chance » parce qu’eux ils sont rentrés chez eux.  Le pire, c’est ceux qui sont arrivés après toi pis qui sont partis avant… t’en peux juste pu. Même que tu dois avouer que tu leur en veux! Y’ont juste pas d’affaire d’être passé avant toi! Dans la vie, tu prends ton rang dans la file pis tu le suis… that’s it!

Et moi, j’ai juste envie de t’offrir une épaule et te dire que tu as le droit d’être tannée. J’ai envie de te dire que tu as le droit de pleurer et d’être fâchée. Crois-moi… oh crois-moi, je sais ce que tu vis et je suis passée par-là! Ce qu’il y a de merveilleux, c’est que ton amour pour ton enfant vaincra cette « écoeurantite aiguë » et que tu vas retrouver la force de te battre avec lui. Permets-toi quelques heures, journées avec l’air bête, ton sourire, je le sais qu’il va revenir. Éventuellement, tu vas te retrousser les manches et accepter la situation, mais là, en ce moment c’est trop… trop poche, trop chiant, trop injuste. Pis j’ai envie de te donner une grosse tape dans le dos pour tout le parcours que tu as depuis le début de cette tumultueuse histoire. Bravo pour tes efforts, ton travail, ton manque de sommeil, ton dos un peu scrap dû aux lits qui te sont réservés… bref, je veux te dire bravo… pis quand tu seras prête, je te dirai lâche pas, ton travail est exceptionnel.

– Geneviève

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