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La perte d’une vie… Le poids des mots

Vous avez tout pour être heureux, un amoureux, une famille et finalement dans votre ventre, votre petit bébé. 9 mois de bonheur, de chialerie, de petits coups, de gains de poids… Et voilà que la vie en a décidé autrement pour l’avenir du bonheur qui vous attendait. Tout s’effondre avec le décès de votre bébé tant attendu, si désiré.

Le retour à la maison les bras vides, la chambre vide, le bedon vide et la tête pleine.

L’humiliation de partir de l’hôpital avec votre petite boîte souvenir. Le vide s’installe. Vous êtes triste, c’est peu dire! Vous êtes en colère, vous perdez toute envie. Vous êtes facilement irritable, vous trouvez les gens insignifiants. Une lassitude profonde vous habite. Un mal-être à chaque seconde. Une envie convaincue que vous devez mourir!

Voilà ce que j’ai ressentis pendant trop longtemps suite au décès de ma fille.

Il y aurait tant de choses à dire, à décrire. Mais pourtant si peu de mot pour le faire. Cette impression horrible d’avoir perdu la tête, mais au sens figuré! Avoir un trou dans le ventre. Cette fatigue, cette perte d’intérêt pour toute chose de la vie quotidienne, cette perte d’appétit. Cette impression que jamais vous allez vous en sortir. Et enfin, cette déconnexion totale avec la réalité. Doucement, sans vous en rendre compte, vous vous effacez de la réalité, vous êtes isolée et personne n’ose s’en mêler. Votre corps s’abandonne peu à peu à sa propre perte, lui aussi vous laisse tombé.

L’état que je vous décris constitue des moments forts vécus dans mon deuil périnatal. Je vous passe la majorité des détails, trop nombreux et douloureux à relater. Pourquoi en être arrivé à ce point là ? Comment m’en sortir ? Parler, encore et toujours! Parler à qui veut bien entendre et écouter ce que j’ai à dire. Parler pour oublier, pour se souvenir et aller à la recherche d’une raison. Pourquoi? Que c’est-il passé? Qu’est-ce que j’ai fait ou pas fait?

Le beau temps réapparaîtra t-il un jour à force de persévérance, de résilience et d’amour? Le plus dure est d’accepter soi-même son état, sa nouvelle réalité. Réapprendre à vivre avec un vide immense. Et cette culpabilité. Je veux des réponses à mes questions. Je suis tellement en criss là!

J’ai honte. Pourquoi la honte? Pourquoi ce sentiment est présent lors d’un deuil périnatal? Je ne me l’explique pas encore à ce jour!

Les mots ont leur propre poids, et ce poids ne saurait être plus lourd. La perte de ma fille m’a été terrible à traverser. Ce que j’ai vécu ce n’est pas comme une blessure physique, ça ne ce voit pas. Ce que j’ai vécu est à l’intérieur de moi. La perte d’un mon enfant, de mon bébé, est remplie de souvenirs et de traumatismes.

Sept ans plus tard…

C’est avec une grande cicatrice sur le coeur que je vous dis qu’aujourd’hui… Je suis heureuse! Quand on me disait de laisser du temps au temps, je voulais mordre! Mais quelle vérité cette foutu phrase qui était vide de sens! J’ai cette chance d’avoir mit au monde des jumeaux qui ont mit un baume immense sur mon coeur de maman orpheline. Je ne peux m’empêcher de voir ma Mikaelle au travers toutes les petites filles de 7 ans. Mais vous savez quoi? Ça me fait du bien! Du bien de les regarder et de les voires bien en vie, moins leurs deux palettes en avant!

Les années passent et ne se ressemblent pas. D’une année à l’autre, les réactions face aux situations délicates que nous fait vivre le deuil périnatal, sont divergentes. Elles frappent quand on s’y en attend le moins et au contraire, elle sont toutes en douceur quand on les prévoient.

Même si au début c’est dure à croire, on survit au deuil périnatal et on peut être heureux à nouveau. Je dis toujours aux nouveaux parents orphelins; “La seule chose que je peux promettre, c’est que ça ira mieux!”

Alors, allez puiser au fond de vous le petit reflet de lumière à peine perceptible de votre propre âme. Croyez en vous! Croyez en votre force intérieur et rendez hommage à vos enfants en survivant pour eux, ils seront fiers de leurs parents, fiers de vous avoir choisi!

En terminant j’ai envie de vous dire d’être authentique dans votre deuil. Respectez vous! Parlez à vos proches de vos attentes en lien avec vos désirs de faire vivre cet enfant au sein de votre famille à votre façon! Si nous avons des attentes qui ne sont pas nommées, nous sommes assurément déçus. Nos proches, nos cousins, cousines, tantes et oncles, grands-parents … ne savent souvent pas quoi dire et comment si prendre. Mais ils ont aussi de la peine car ils ont perdu un petit être cher et ils sont impuissants face à notre douleur. Nous devons les guider pour faire en sorte que nous puissions poursuivre notre chemin le plus doucement du monde. Cela fera en sorte que le deuil périnatal sera de plus en plus compris!

Mychelle Périard, maman de Mikaelle, Évan, Jael et petite poussière d’étoile

 

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