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Maman t’aime quand même

Aujourd’hui ce n’était pas une bonne journée pour nous deux. La veille tu m’avais pourtant octroyé le titre de la « Meilleure maman du monde » mais ce soir j’étais convaincue que si t’avais pu, tu m’aurais échangé contre un vieux frigidaire qui marche pu. Mais tu sais quoi mon petit amour? Maman t’aime quand même.

T’étais fatigué. Normal, t’avais pas voulu faire de sieste ou prendre le temps de te reposer cet après-midi. Tu disais que t’étais maintenant assez grand et que c’était plus nécessaire. Je n’en étais pas convaincue, mais y’a des jours où on choisit nos batailles. Aujourd’hui je n’avais pas la force ni la patience de mener cette guerre. Je t’ai laissé gagner. J’ai rendu les armes et j’ai hissé le drapeau blanc en espérant que tu sois en effet rendu assez «grand». En fin d’après-midi la fatigue a gagné du terrain. Tes petites oreilles avaient de la difficulté à m’entendre et ton attitude générale dépérissait. On va se dire les vraies affaires, aujourd’hui t’avais une attitude de cul pis j’ai compris que le « fucking four » existait vraiment! Je t’ai demandé je ne sais plus combien de fois de calmer ton petit moteur, d’écouter mes consignes, de changer de ton parce que tu me manquais de respect, de lâcher ton frère pis d’arrêter de le faire crier pour rien… mais y’avait pas de miracle à faire. T’avais de la misère à t’endurer pis tu te tapais sur les nerfs toi-même. Alors, imagine ce que tu faisais aux miens? C’est vrai que j’étais pas mal sur ton dos. Plus que d’habitude, je l’avoue. Mais j’étais à bout de patience. À court de ressources. Je ne savais plus quoi dire ni quoi faire pour retrouver mon petit homme souriant que je connaissais si bien. Je t’aime de tout mon coeur, mais ce soir j’avais juste hâte que l’heure du dodo arrive parce que j’en pouvais plus. Ma patience avait atteint ses limites X 1000 et dans mes yeux tu voyais bien que j’en avais assez. Que maman était exaspérée. Je pense que c’était la première fois que tu comprenais qu’une maman a des limites et que tu avais dépassé les bornes. T’étais pas habitué de me voir épuisée comme ça et dans ta tête d’enfant de 4 ans, t’as conclu que si j’agissais comme ça avec toi c’était parce que je ne t’aimais plus. Mais ce n’est tellement pas le cas, mon petit trésor. Si seulement tu savais à quel point ça n’a rien avoir avec mon amour pour toi…

Ce que je veux que tu comprennes mon petit lapin, c’est que même si maman se fâche, si maman te demande d’aller réfléchir quelques instants dans ta chambre, si maman impose une conséquence parce que tu n’as pas écouté les consignes qu’elle a répété 1, 2, ou même… 12 fois, ben maman t’aime quand même. Maman arrêtera jamais de t’aimer. Jamais. Parce qu’un amour de maman c’est comme un puit sans fond. Tu ne verras jamais le boutte et la source est éternelle. Mais tu dois aussi savoir que Maman n’est pas parfaite. Que Maman est humaine et que parfois, comme aujourd’hui, elle en a ras le pompon. Que Maman fait parfois des erreurs et c’est comme ça qu’elle apprend à chaque jour à être une meilleure mère pour toi. C’est vrai que des fois Maman se fâche plus fort, hausse le ton plus vite et n’a pas la patience de répéter 12 fois. Y’a aussi des soirs où Maman n’a pas envie de s’amuser à inventer des missions de Pat Patrouille dans le bain avec toi, de te lire 3 histoires plutôt qu’une avant le dodo et d’accourir avec le sourire lorsque tu me demandes de l’eau, du lait ou de te gratter le dos pour la 10ième fois. Parce qu’il y a des soirs où Maman est juste trop fatiguée, qu’elle a eu une journée de merde, qu’elle a le trou de cul en dessous du bras pis le cerveau qui surchauffe parce qu’elle a 12 000 choses en tête. Mais même dans ce temps-là, elle t’aime quand même.

Ce soir, ce n’était pas un bon soir. C’était plus difficile pour toi et pour moi. Je sais que je n’ai peut-être pas utilisé les bons mots ou fait les bonnes interventions avec toi. T’étais plus fatigué qu’à l’habitude et moi j’avais moins de patience qu’à la normale. Disons que les deux mis ensemble ce n’est pas une formule gagnante mais plutôt un cocktail explosif. Mon petit amour, j’aimerais tellement te promettre que ça n’arriverait plus jamais, qu’à partir de maintenant j’aurai toujours la patience de la maman de Caillou… mais ce serait te mentir. Nous sommes dans la vraie vie et une vraie maman c’est aussi ça. Je sais que des fois mes consignes tu ne veux pas les entendre, que mes conséquences tu t’en passerais volontiers et que t’aime pas ça quand maman parle fort… c’est correct et t’as le droit. Mais je ne veux jamais que tu doutes de mon amour pour toi.

Maman est tellement désolée de savoir que tu aies pensé, même si ce n’est qu’une nanoseconde, que je ne t’aimais plus. Si seulement tu savais. Pendant que tu dormais je suis entrée dans ta chambre pour t’embrasser et te dire que je t’aimais plus que tout. Je ne peux rien changer à la journée passée, mais ce soir lorsque je me suis blottie contre toi avec tout mon amour de maman, j’ai fait le vœu de ne jamais plus te faire douter. J’ai aussi souhaité en silence que tu ne doutes jamais plus.

Mélanie

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