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À toi qui vis cette journée différemment

À toi qui célèbres la fête des Mères différemment, je veux te dire que je t’aime. Je pense à toi, car moi aussi, la fête des Mères, je l’ai déjà eue de travers!!

Je venais de vivre ma première fausse couche, et ce, bien avant de vivre le deuil périnatal. Une fausse couche! C’est quoi ça? Personne de ma famille n’avait vécu ce genre événement ou du moins, pas que je sache. Une fausse couche, ça arrive aux autres. J’avais pris le temps de l’annoncer à mon chum en lui enveloppant une belle petite bavette sur laquelle il y avait d’inscrit «J’aime papa». Nous étions fous de joie et notre entourage aussi. Nous avions commencé à magasiner des articles de bébé et à penser à des prénoms d’enfant. Mais, peu de temps après, la grossesse a pris une autre tournure. J’ai perdu ce petit embryon. Cette minuscule petite âme s’est envolée avec une partie de mon cœur. De la peine, mon Dieu que j’avais de la peine. Un jour, pour me consoler, une amie m’a dit : « Tu sais, la peine n’est pas proportionnelle au nombre de semaines de grossesse auquel tu as perdu ton bébé. Elle est proportionnelle à la place que cet enfant avait dans ton cœur. » À ce moment, j’ai tout compris. Compris ma peine. Et j’ai pleuré.

Quelques jours plus tard, c’était la fête des Mères. On fêtait ma mère, ma belle-mère, ma belle-sœur, mes amies, etc. Bref, toutes les mères, sauf moi. Tout le monde riait, buvait du vin et s’amusait tandis que moi, j’étais triste. Tout ce à quoi je pensais, c’était cette petite âme envolée. J’étais jalouse. Oui, vous m’avez bien entendu. J’étais jalouse de ne pas fêter la fête des Mères même si je sais très bien que mon côté rationnel me disait qu’évidemment, ce n’était pas de leur faute! Elles sont des mères et elles ont droit à ce moment. Maudit que j’ai eu cette fête des Mères de travers!

Le temps a passé et l’année, suivante, j’ai vécu le deuil périnatal qui lui, fut encore plus difficile à digérer. Cependant, les années se sont écoulées et finalement, mon tour est arrivé. J’ai eu cette chance. J’ai reçu ma première carte de souhaits sur laquelle étaient inscrits ces mots si simples, mais tellement significatifs : « Bonne fête Maman! » Je m’excuse d’avoir été jalouse, mais en fait, j’étais envieuse de la situation, moi qui voulais tant être une mère. J’ai maintenant cette chance inouïe.

Alors, en cette semaine de la fête des Mères, j’aimerais dire à toutes les mamans qui ont une petite âme dans le ciel, de prendre un instant et de reconnaître que vous aussi, vous êtes une maman. Pourquoi ne pas célébrer à votre façon afin de reconnaître que vous avez, vous aussi, déjà porté la vie en vous. Même si je n’ai aucune leçon à donner, cela pourra peut-être, et je parle par expérience, vous aider à faire votre deuil. À chaque occasion que mon conjoint et moi célébrons, le nom de cette petite âme qui est maintenant au ciel est mentionné dans nos cartes de souhaits. C’est une façon pour nous de se souvenir que ce petit être a déjà existé.

Je veux aussi prendre le temps de dire à chaque femme, qui n’a pas d’enfant et qui désire en avoir un, que je pense à elle. La fertilité peut parfois être un obstacle et je sais que cela peut être difficile pour le moral de bien des couples. J’ai jadis été cette fille qui calculait et recalculait ces cycles… et qui oui, encore une fois, était jalouse de voir une femme avec une grosse bedaine.

À toutes ces femmes, en cette semaine de la Fête des Mères, je veux vous dire que je pense à vous. C’est peut-être une journée difficile, une journée différente, mais je vous souhaite de tout cœur, et du plus profond de mon âme, que vous puissiez avoir la chance de vivre un beau dimanche de mai avec une petite frimousse à vos pieds.

Caroline

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