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Toute ma vie, je me souviendrai de lui…

Dernièrement, j’ai commencé à écouter la télésérie «This is us». Mes collègues de travail et amies me racontaient comment l’histoire était bonne, sans pour autant me dévoiler le punch du début de l’histoire, sachant que je voulais l’écouter à mon tour. «Bon», n’est pas le mot! C’est excellent, touchant et surtout, ça me rappelle mon histoire en quelque sorte. Et sans vouloir vous la raconter à mon tour, je peux tout simplement vous dire que c’est l’histoire d’un couple qui perd un enfant et qui décide par la suite, de se tourner vers l’adoption.

Pour ceux qui me connaissent personnellement, vous savez tous que le 19 mai 2012, j’ai donné naissance à un petit être d’à peine 2.2 livres qui malheureusement, est décédé cette même journée. Nous avons «cohabité» pendant 27 semaines et son départ a fait un grand vide dans mon cœur, dans mon âme. Je pensais, comme bien des gens, que ce sort et cette peine n’était réservée qu’aux autres. J’ai hélas perdu mon innocence face à la grossesse, la maternité et c’est par une future grossesse à terme et en ramenant un bébé «vivant» à la maison que mon cœur à commencer à guérir. Le deuil périnatal a laissé de grandes égratignures sur mon cœur qui maintenant, sont cicatrisées, mais jamais, au grand jamais, je n’oublierai cet enfant. C’est mon enfant, mon fils.  Son nom est Jacob et il aurait 6 ans le 19 mai 2018.  Il fêterait son cinquième Noël cette année… C’est le fils de Pascal, le frère de William, c’est un petit-fils et un cousin. Avec le temps, son souvenir est plus doux, mais une partie de mon cœur s’est envolé avec lui vers le ciel lorsqu’il a décidé de quitter cette terre.

Je ne connaîtrai jamais la couleur de ses yeux, de ses cheveux, ce qu’il aime et n’aime pas. Je ne connaîtrai jamais sa personnalité… et c’est pour cette raison que le deuil périnatal est complexe. C’est pour cette raison que la peine est présente. Ne me dites surtout pas «au moins tu ne l’as pas connu», car je vous répondrai justement que c’est pour cette raison que j’ai de la peine. La peine n’est pas proportionnelle au nombre de semaines de grossesse où les parents perdent leur enfant, mais bien à la place que cet enfant avait dans leur cœur. Ce que je veux dire, c’est que toute ma vie, je ferai des liens avec le deuil périnatal et mon petit Jacob. Cette télésérie me le fait réaliser encore plus.

Comme mentionné précédemment, je ne vous vendrai pas le punch de l’histoire, mais je veux tout simplement vous dire que peu importe mes actions, mon chemin et les circonstances de la vie, mon petit Jacob fera toujours partie de moi. Cet événement a fait de moi une personne différente. Je vois les choses d’un autre angle et mes relations avec les autres personnes de mon entourage sont empreintes de cette expérience. Je suis plus sensible, plus mature, plus forte, mais surtout, j’apprécie différemment.

Je croyais avoir fait le tour du sujet en ayant déjà écrit des billets traitant du deuil périnatal, mais à chaque fois, je me surprends à avoir d’autres choses à dire… et je trouve d’autres mots, d’autres liens pour expliquer cet événement de ma vie. Je sais surtout que je ne suis pas la seule à avoir vécu ce genre d’événement et lire les histoires des autres sur le sujet me permet de mieux comprendre comment je me suis sentie et me fait réaliser que c’est normal de vouloir encore en parler.

À l’approche du temps des fêtes, j’ai eu besoin d’écrire encore une fois sur le deuil périnatal, de vous expliquer.  C’est un moment de l’année que j’aime beaucoup, car j’ai maintenant un petit garçon de presque 4 ans qui a des étoiles dans les yeux lorsqu’on lui parle du Père Noël. J’aime cette magie, mais d’un autre côté, cette période de l’année est nostalgique quand je pense à toutes les personnes qui nous ont quittés. Au fond, je suis «égoïste», car écrire me fait un bien énorme. Je le fais pour vous, mais encore plus pour moi. C’est une manière pour moi de me libérer. Je sais aussi que mes écrits peuvent toucher le cœur de certaines personnes et tant mieux si celles-ci se sentent mieux par la suite. C’est ma manière de faire une petite différence dans la vie de tous les jours.

Je vous souhaite donc un très joyeux temps des fêtes. Je vous souhaite de passer du temps avec les gens que vous aimez, qui vous respectent et qui vous apprécient. J’ai aussi une pensée pour mon père, ma mère, et mon petit Jacob qui nous manquent énormément. J’espère qu’ils me regardent d’en haut, assis sur les nuages et qu’ils sont fiers de moi, qu’ils voient comment je chemine, je grandis et que j’apprends comme je peux à la grande école de la vie.

Caroline

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