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Avant sa naissance prématurée

Nous avons un sous-sol encombré de nombreuses boîtes, jouets et sacs de vêtements divers. Nous avons emménagé dans notre maison actuelle il y a de cela 3 ans. Nous planifions aménager l’espace pour nos enfants qui ont besoin d’un endroit bien à elles. Une belle et grande salle de jeux! Donc, nous effectuons le tri de tous nos trucs. Quelles accumulations nous faisons! J’ai trouvé un cahier qui me semblait inutilisé, la première page est vierge. J’ai griffonné un mot pour Léonie. Elle commence à lire et j’aime lui écrire un message à insérer dans sa boîte à dîner. En arrachant cette dite page, j’ai vu ces quelques premières phrases, tout en haut de la feuille lignée suivante. Je m’arrête 3 secondes le temps de réaliser le trésor que je tiens entre mes mains! Le récit du percutant choc émotionnel que j’ai vécu avant la naissance prématurée de Samuëlle. Avec les vrais mots, les vraies émotions. Pas seulement mes souvenirs. J’ai envie de le partager avec vous.

26 juin 2012. 17h. Ce soir là, je téléphone à ma sœur et à ma mère. Je pleure. J’ai si mal dans mon corps que  j’en vomis. Je sue à grosse goûte. Quelque chose de grave se passe à l’intérieur de moi. Mais quoi? Mon corps réagit lorsque j’ai un simple pied de croche. L’inconfort et la douleur provoque chez moi de la dysréflexie. Une dysfonction des réflexes. Les symptômes en sont de migraines, spasmes intenses, sueurs, frissons, nausées.

17h30, ma soeur arrive et m’aide avec Léonie. Les manifestations désagréables se poursuivent et augmentent sans cesse.

18h30, Maman arrive et m’aide à m’étendre. Avec ma bédaine de 29 semaines, il m’est difficile de transférer seule. Mes vilains symptômes s’amenuisent et je prends une douche. Soudainement, le visage de ma mère devient blanc comme neige. Une marre de sang est à la source de son regard pâlit. Est-ce que Samuëlle est prête à venir au monde? Je crie : “Noooon!? Pas tout de suite? C’est impossible, 29 semaines c’est beaucoup trop tôt?!” On appelle l’ambulance. 4 minutes top chrono et on entend les sirènes. Je suis blême, je me sens très faible. J’aperçois Léonie dans le cadrage de ma porte de chambre, l’air inquiet. Pauvre bébé, elle qui n’a que 18 mois. Elle n’aurait pas dû voir sa maman dans un tel état. Ma sœur s’occupe bien d’elle et l’amène écouter la télé.

19h15. Les ambulanciers entrent et l’un d’entre eux m’examine. Il touche la tête de Samuëlle. Il m’informe que j’accoucherai peut-être dans l’ambulance! Je panique, j’ai peur de ne pas être en mesure de pousser comme il se doit, comme toutes les femmes sont en général capables de le faire. Je suis effrayée, je suis étourdie, je perds encore beaucoup de sang. L’ambulancier est persuadé que mes eaux ont crevés. On ne veut pas me conduire à Sainte-Justine, là où je suis suivi en GARE (grossesses à risque élevé). Après quelques éléments convaincants, le centre d’appel des urgences acceptent mon transfère au bon hôpital.

20h. À notre arrivé aux urgences, nous sommes persuadés que Samuëlle naîtra cette nuit. Ma pression sanguine est à 70/40 ce qui est anormalement bas. La transfusion est nécessaire. On installe 2 voies et une perfusion. Après un monitoring, des tests et échographie, bébé va #1! Ouf! Quel soulagement! Alors je crois qu’on sort et que la grossesse se terminera en temps prévu. Le médecin a cependant d’autre plan pour moi. Je devrai être hospitalisé jusqu’à l’accouchement. J’ai un placenta prévia, percréta. Comme ce genre de malformation peut provoquer des hémorragies à tout moment, je serai alité 24/24 et il est fort possible que la naissance de ma fille se fasse plus tôt que prévu. Mon cas est trop complexe pour qu’on prenne la chance d’être obligé des faire une césarienne d’urgence. Surtout quand on a le luxe d’avoir le choix.  Je pleure car je pense à ma Léonie. C’est moi qui s’occupe d’elle alors que Papa travaille. Qui sera là pour elle? Sa maman lui manquera c’est sûr! En restera-t-elle marquée à vie? Je me sens coupable et impuissante. Je me sens loin de mon enfant qui sera bien trop tôt grande sœur. J’angoisse et j’ai beaucoup de peine.

23h. Je me ressaisis. J’arrête mes sanglots et je m’accroche à ce que j’ai de positif. Pas de contraction, le cœur de bébé va bien et mon col n’est pas effacé. Mon chum me réconforte en me promettant de venir me visiter à l’hôpital tous les jours avec Léonie. Aussi, tout est en règle avec son emploi. Il peut commencer son congé de paternité immédiatement, donc il s’occupera bien d’elle. Ça me rassure. Je décide de vivre un jour à la fois et de faire confiance à l’équipe de la clinique GARE,  en attend la venue de notre merveille : Samuëlle!

Relire ces lignes remue beaucoup de souvenirs. Avec le recul je constate la chance que nous avons eut car la fin de cette histoire traumatisante marque le début d’une vie de famille heureuse. Nous vivons un tas de projets, de voyages et de péripéties. Le bonheur que mes filles, l’une comme l’autre, m’apportent me comble vraiment. Mon rôle de maman est pour moi le plus beau et ce, même si le parcours pour y parvenir à été ardu émotionnellement.

Soleine

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