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Si la grossesse naïve m’était possible…

De toutes les expériences qu’il m’ait été donné de vivre, celle que je choisirais de revivre sans conteste est la grossesse. En fait, pas juste une grossesse… une grossesse naïve et heureuse. Celle qui nous fait sentir immensément bien, celle qui rend radieuse, celle d’un beau bébé en santé qui bouge, celle d’une naïveté sans borne où aucun scénario catastrophe n’est possible, celle d’une naissance vivante.

Bien sûr, j’ai eu un beau garçon vivant 19 mois après l’accouchement difficile et quasi mortel (pour moi aussi) de ma fille. Mais cette seconde grossesse, aussi bien désirée qu’espérée, s’est avérée un réel cauchemar.

Compte tenu l’aboutissement de ma première grossesse, j’ai été cataloguée comme grossesse à risque ce qui signifie: échographies aux deux semaines. Les mamans naïves m’ont si souvent répété que j’en avais de la chance de voir mon bébé aussi souvent alors que toutes ces échographies étaient pour moi, en raison de mon statut, une occasion de « chercher l’erreur ». La peur insoutenable de me faire dire, à n’importe quel moment, que mon bébé était malade et qu’il subirait le même sort que sa grande sœur.

C’était aussi des échographies cardio-fœtales aux 4 à 6 semaines dès la 24e semaine. Encore là, la peur qui refait surface.

Comble de malheur, j’avais la peur que mon bébé cesse de bouger comme à ma première grossesse, que son cœur cesse de battre. Vivement l’internet et les sites d’achats de fournitures médicales me permettant d’acheter un doppler pour suivre, jusqu’à 20 fois par jour (sans aucune exagération!) les battements de cœur de mon petit trésor.

À chacune de mes grossesses, j’ai tout fait (ou rien fait) selon la perspective pour la santé de mon bébé. Je n’ai pas mangé de sushis de poisson cru (seulement des végés), pas respiré la fumée secondaire de tous les fumeurs qui croisaient mon chemin, restée alitée pendant les 20 semaines demandées à la suite d’un hématome rétroplacentaire et ses saignements associés. J’ai même retenu mon souffle lorsque je croisais des gens que je trouvaient « malpropres »… pour éviter d’attraper quelconque virus. Je devenais folle.

Puis, malgré toutes ces précautions, je me suis retrouvée au chevet de mon fils pendant de longs mois en attendant qu’il reçoive le cœur dont il avait désespérément besoin pour vivre. Malgré tout, je n’y changerait rien si j’en avais l’occasion.

Je voudrais simplement avoir la chance de vivre une grossesse heureuse, saine et sans soucis.

– Julie

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