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La réflexion d’une vie différente

Depuis toujours je dis que je voudrais des enfants. Par contre, une maman avec un handicap apporte son lot de défis et ce n’est pas tous les jours qu’on voit ça. Est-ce que je dois ou devrais-je oublier ce souhait pour autant? En 2018, avec la science que nous avons je crois que non.

À 17-18 ans, j’ai décidé d’en parler à un médecin de Ste-Justine dont je suis patiente à St-Luc. Je voulais savoir ce que lui et la science disaient à ce sujet. Je savais que dans quelques années ce projet allait aussi être celui de d’autres femmes du même âge. Je voulais savoir si je pouvais aussi avoir ce projet. Le jour de ce rendez-vous j’avais peur, mais la tête voulait savoir les vraies affaires. Le désir était là, mais la tête et le cœur n’étaient plus certains si c’était le bon moment. Ce qui m’a convaincu était ce souci de tout faire pour que cet enfant naisse sans handicap.

« Puis-je avoir des enfants? Puisque j’ai un handicap de naissance est-ce que mon enfant l’aura automatiquement? Que puis-je faire pour diminuer les risques de lui transmettre? Comment se passera la grossesse? Comment vais-je accoucher? Où vais-je accoucher? Puis-je accoucher de façon naturelle ou uniquement par césarienne? Puis-je avoir l’option de maison de naissances ou qu’à l’hôpital? Où vais-je être suivie? Qui sera là pour l’accouchement? Comment se passe une césarienne? Quel sera le rôle de chacun? ». Je voulais à ce moment être rassurée. Le médecin a pris le temps de répondre à chaque question. Il devait voir que la jeune femme devant lui était sincère. Quelques mois plus tard, lors d’un rendez-vous avec sa collègue le sujet a été abordé à nouveau. Ce fût un grand soulagement de constater que ce projet n’est pas (ou presque) farfelue pour des médecins et qu’une femme différente pouvait le souhaiter. Je n’avais pas de copain à l’époque. Je posais donc ces questions pour moi. Je voulais commencer cette réflexion puisque ça n’inclurait pas que moi. Je voulais savoir si, inversement, je devrais en faire le deuil. En gros, je voulais me faire une idée. Oui j’étais jeune. Par contre, est-ce mieux de commencer à en parler quand le projet veut être réalisé dans les prochains mois/années? Comment aurais-je réagi si le médecin m’avait dit que ce rêve n’était pas possible au moment où j’étais prête à le réaliser? C’est de grandes questions, mais avoir un enfant n’est pas une décision à prendre à la légère surtout quand un des parents à des besoins spéciaux.

Mes parents n’étaient pas présents lors cette consultation. Ils savaient que je voulais parler au médecin, mais ne savaient pas pourquoi. Je ne voulais pas être influencée sur quel sujet je devais parler. C’est mon projet, mon corps, ma grossesse et ma vie. Je serai une maman différente, le chemin sera donc différent et il me faudra donc  m’y prendre différemment.

Encore aujourd’hui à 25 ans je suis mêlée. Des jours je suis prête, des jours non. Une chose est assurée pour moi. Je suis contente d’avoir eu cette discussion à un moment où le projet était improbable. C’est un choix de vie qui sera fait différemment et je plongerai dans ce défi lorsque je serai prête… différemment.

Une future mère différente

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