Je suis personne » C'est notre histoire à nous, nos pensées, notre vie.

Masthead header

Toi, le petit deuxième

Ta venue dans la famille était ardemment désirée et a été si longtemps souhaitée. Même si quelques semaines avant ton arrivée j’ai angoissé et que j’ai eu la frousse à l’idée de ne pas être une bonne maman-de-deux. Quand ton grand frère s’est pointé le bout du nez dans notre famille, mon monde s’est arrêté et les planètes n’ont tournées qu’autour de lui pendant quelques années. Je savais pertinemment qu’avec toi, ce serait différent. Que je n’aurais probablement pas tout ce temps à te consacrer. Pas parce que je ne t’aimerais pas autant, loin de là. Mais la réalité était différente puisque nous étions déjà une famille avec une dynamique bien installée. Par moment je me suis même demandée comment j’allais faire pour me diviser équitablement entre vous deux? Pour ne jamais faire de jaloux et m’assurer que jamais vous ne pensiez que j’aimais plus l’un que l’autre. Angoisse de mère!

C’est vrai que je n’ai pas pris autant de temps pour préparer ta venue. Par moment, dans le brouhaha du train-train quotidien, j’en suis même arrivée à oublier que dans quelques mois tu serais là. Quand nous avons appris que tu étais un garçon, ça nous a rendu la tâche encore plus facile. Pas besoin de magasiner de nouveaux vêtements, de refaire une chambre ou d’acheter de nouveau jouets. Nous avions déjà tout. Tu comprendras que c’est une des raisons pour laquelle tu ne portes pas autant d’habits neufs que ton frère. En fait, tu portes souvent (genre pas mal tout le temps!) le linge qu’il a porté. Toi tu ne vois pas de différence et moi ça me fait sourire à chaque fois en me rappelant de merveilleux souvenirs.

Plus tard tu me reprocheras peut-être de ne pas avoir autant de photos ou de vidéos que ton frère. Et je ne pourrai probablement pas nier. Mais je t’assure qu’à chaque étape que tu franchies, je m’émerveille aussi intensément devant chacune de tes premières fois à toi. Devant chaque nouvelle découverte, je revis à travers tes petits yeux la beauté de cette magie. La différence mon petit lapin, c’est que Maman a appris à profiter davantage de l’instant présent. Elle vit le moment avec toi et elle grave ce souvenir sur mon cœur parce qu’elle sait que de cette façon rien ni personne, même pas le temps, pourra l’effacer.

Du temps seul, juste toi pis moi, on en a pas beaucoup c’est vrai. Tu as raison de jalouser ton grand frère qui nous a eu à lui tout seul pendant plus longtemps alors que toi tu dois nous partager la grande majorité du temps. Mais tu sais quoi? Tu as cette chance d’avoir un complice à la maison qui t’initie et t’entraîne dans son imaginaire comme seul un grand frère sait le faire. À sa façon, il rend ton quotidien encore plus beau et amusant. Comme dans toutes bonnes familles, ce n’est pas toujours parfait. Mais ensemble, vous tissez un lien fraternel en apprenant à vous aimer et à vous respecter un peu plus chaque jour. Si tu savais à quel point ton grand frère avait hâte que tu arrives…

Parfois, je réalise que je ne suis peut-être pas aussi patiente avec toi que je l’aie jadis été. Mon amour s’est multiplié par deux mais la patience n’a pas toujours suivi, je l’avoue. Je ne cherche pas à me justifier, mais c’est quand même ça la réalité. Par chance, tu étais un bébé différent qui demandait beaucoup moins d’être accompagné lorsque les étoiles commençaient à briller. En fait, je ne sais pas si j’aurais eu la volonté de passer 2h à te border et à te tenir la main pour t’accompagner dans les bras de Morphée. En fait, probablement pas. Been there, done that. Je l’ai fait pour le premier et j’ai appris de mes erreurs. Mais sache que chaque fois que tu me demanderas au beau milieu de la nuit parce que t’auras rêvé qu’un gros monstre est caché sous le lit, je serai à tes côtés avant même que tu aies eu besoin de m’appeler.

On m’a dit souvent que le deuxième ce n’était pas comme le premier. Que je ne serais pas la même mère pour toi que celle que j’ai été quand ton grand frère est né. Longtemps j’ai refusé d’y croire. N’empêche que c’est vrai que je suis différente. En fait, tu as fait de moi une maman-version-améliorée. Une maman qui a choisi d’être moins parfaite parce que la perfection demandait trop de temps pour ce que ça pouvait apporter. Une maman plus efficace et moins stressée, parce qu’un moment donné j’ai décidé de choisir mes combats et de prioriser. Une mère qui sait profiter davantage de l’instant présent parce qu’elle sait dorénavant à quel point la petite enfance nous glisse entre les doigts et que ces moments ne reviendront pas. Une maman privilégiée de vous voir grandir heureux tous les deux et surtout choyée d’être aux premières loges pour la suite de l’aventure.

Toi, mon petit deuxième que j’aime gros comme la-terre-le-ciel-et-l’univers. Avant toi, je ne pensais pas que je pouvais aimer autant inconditionnellement. Que mon amour pouvait vraiment se multiplier. Grâce à toi, je sais. Plus jamais je n’imaginerais ma vie sans toi. Tu es peut-être arrivé second, mais pour moi, vous êtes tous les deux au premier rang de mon coeur de maman.

Mélanie

  • Line - Salut Mélanie,
    C’est exactement mes angoisses actuelles avec notre petit prince thaïlandais.
    Tu es donc formidable pour décrire la vie.
    À bientôt!répondreannulé

Votre courriel n'est jamais publié ou partagé. Les champs requis sont indiqués *

*

*